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Section de Meurthe et Moselle Section

Lundi 21 octobre 2019 à Flirey (54470).
Inauguration d'une Stèle en hommage au Sénateur, Médecin et Aviateur Emile REYMOND abattu à bord d'un Blériot XI-2. en plein combat, devant le bois de Mort-Mare, le 21 octobre 1914 avec son pilote, l'adjudant Clamadieu,


A l'invitation de Jean-Pierre DAVID, Maire de Flirey, Gilles SOULIER, Président de la communauté de communes Mad & Moselle et Olivier JACQUIN, sénateur de Meurthe-et-Moselle.
En présence de M. Gérard LARCHER, Président du Sénat, de la Musique de l'Armée de l'Air et d'un piquet d'honneur de la Base Aérienne 133 Nancy-Ochey, une stèle rendant hommage au médecin et aviateur Emile REYMOND, Sénateur de la Loire de 1903 à 1914 a été inaugurée et survolée par 2 Mirages 2000D de la Base Aérienne de Nancy Ochey.

Le Général Augustin DUBAIL Commandant la 1er Armée Lorraine à cette date a créé en 1921 la SEMLH, ancêtre de notre SMLH actuelle.

Faisant suite aux cérémonies du 21 octobre 2019 à Flirey (54) en l'hommage du sénateur Emile Reymond, mort pour la France le 22 octobre 1914, je vous livre un extrait du « Journal de campagne Tome 1 pages 194 à 198 » du général Dubail, commandant à cette date, la 1ère armée de Lorraine :
22 octobre 1914 : on me rend compte d'un malheureux accident survenu hier au sénateur Reymond, médecin-major de 1ère classe de réserve (commandant), aviateur audacieux et d'une bravoure à toute épreuve, qui m'avait déjà rendu les plus grands services.
Hier, vers 15h30, on a vu son avion descendre en rasant les arbres de la forêt de Mortmare (entre Flirey et Limey-54) entre les deux lignes de combat adverses.
Les Allemands étaient aussitôt sortis des bois pour se jeter sur les aviateurs, mais nous avions ouvert le feu et fait reculer l'ennemi. Peu après, on avait pu, grâce à l'obscurité, s'approcher de l'avion et recueillir le mécanicien et le docteur Reymond. Le premier, l'adjudant du génie Clamadieu était mort, le docteur Reymond vivant encore avec une balle dans les reins. Pendant la nuit, il était évacué sur Toul. Son premier soin avait été malgré ses souffrances, de donner le compte-rendu de sa reconnaissance (nombreux trains en marche de Pagny-sur-Moselle à Metz et, sur la route, convois de quatre kilomètres de longueur dans la même direction).
Je demande par télé gramme la croix de chevalier pour ces deux braves : fasse le ciel que le docteur Reymond nous soit conservé !...
A 9 heures, j'ai la satisfaction d'attacher la croix de la Légion d'honneur sur la poitrine du docteur Reymond. Je lui donne l'accolade sur son lit d'hôpital. Il souffre beaucoup mais a gardé toute sa connaissance. Il est hélas ! bien touché, j'ai peine à le reconnaître tellement il a changé en quelques heures !...On me téléphone de Toul (hôpital militaire Gama) un instant après 16h00, la mort du sénateur Reymond. J'en suis tout ému et je déplore la perte que font de lui l'aviation et l'armée. Ce sont les plus braves qui disparaissent.
En rentrant à Toul, où je quitte les membres du gouvernement (Briand et Sarraut en visite à Gironville) (NDLR : Aristide Briand est vice-président du conseil et ministre de la justice dans le gouvernement Viviani II du 26 août 1914 au 29 octobre 1915 et Albert Sarraut, ministre de l'éducation publique et des Beaux-Arts), j'envoie le capitaine Dussange à Noviant-aux-Près déposer la croix de la Légion d'honneur sur le corps de l'adjudant Clamadieu, l'héroïque pilote du docteur Reymond.
23 octobre : En rentrant ce soir, je songe que la malheureuse famille de l'adjudant Clamadieu va se trouver sans ressources. La pension d'un sous-officier n'étant pas reversible sur sa veuve, et je le nomme sous-lieutenant à la date de la veille de sa mort, lui donnant ainsi le grade qu'il aurait obtenu dans quelques jours s'il avait vécu. Le Trésor me pardonnera cette irrégularité, qui n'est que l'acquittement d'une dette de la Patrie. »

Sénateur Emile Reymond
Né le 9 avril 1865 à Tarbes, après des études au lycée Condorcet et au Lycée Henri IV à Paris, il devient docteur en médecine en 1895 et chirurgien, par la suite, il prend la tête d'un des plus grands services de chirurgie de la région parisienne. Il est élu sénateur de la Loire en 1906. Il est breveté pilote civil en 1910 et devient vice-président du groupe aviation au Sénat puis en 1912, président du centre national de l'aviation militaire. Mobilisé en 1914 comme médecin-major de 1ère classe, il fait en sorte de pouvoir être « abonné » à une escadrille de reconnaissance d'artillerie. En octobre 1914, il est en service le matin à l'hôpital Sédillot, l'hôpital militaire de Nancy et l'après-midi, il effectue des vols depuis le plateau de Villers-les-Nancy à bord des Blériot XI-2 de l'escadrille BL 9. C'est de ce terrain qu'il décolle en équipage avec l'adjudant Clamadieu aux commandes, pour un vol de reconnaissance sur l'axe Chambley- Thiaucourt- Pagny-sur-Moselle.

Quant au général Augustin Dubail, il est né à Belfort le 15 avril 1851. Après de solides études, il intègre l'Ecole militaire spéciale de Saint-Cyr (ESM) (promotion Suez 1868-1870), à la sortie de l'école, il choisit l'infanterie et rejoint le 10ème bataillon de chasseurs à pied. Il est fait prisonnier à Metz en octobre 1870. Il est libéré en 1871.
Après plusieurs postes en Afrique du nord et à Paris, il commande l'ESM en 1906. A la déclaration de la guerre, en 1914, il commande la 1ère armée de Lorraine. En 1915, il prend le commandement du groupe d'armées de l'Est. Admis à la retraite, il est nommé gouverneur militaire de Paris du mois de mars 1916 au printemps 1918.
Il est nommé Grand chancelier de la Légion d'honneur le 14 juin 1918. Au début de 1920, il publie son « Journal de campagne ». Il crée en 1921, la SEMLH, ancêtre de notre SMLH actuelle. Il ouvre le musée de la Légion d'honneur en 1925. Toujours Grand chancelier, Il meurt à Paris le 7 janvier 1934. Il repose au cimetière du Montparnasse.

Rédacteur : Colonel Pierre-Alain ANTOINE.


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